Historique

Dans le fief « traditionaliste » namurois, il fallait être un peu fou pour tenter de promouvoir la laïcité…

Début des années 70 – un groupe se crée : Marie-Jeanne Siquet, Yves Ramaekers, Philippe Lepoivre, Daniel Massin, Richard Sbille et d’autres relevèrent le défi. Tout était bon pour faire connaître la laïcité : des conférences, un ciné-club proposant des films que les Namurois n’avaient pu voir pour cause de censure, un bal dont le succès épuisa en 2 heures toutes les réserves de champagne et de vin.

Une première structure se mit rapidement en place : le cercle du Libre Examen.

1971 – Jean Pirotte, inspecteur de morale de l’enseignement primaire « intima l’ordre » -dixit Jean Polus- de réaliser une fête laïque à Namur, sur le modèle de ce qui faisait à Bruxelles (depuis 1964 sous la houlette de Paul Damblon).

Des volontaires (Nicolas Bontyes, Jean Polus, Louis Awoust, Jacques et Paule Pajot, Francine Botte et Pierre Lothe) se regroupèrent, trouvèrent de généreux donateurs (e.a. « les Amis et Disciples de François Bovesse ») parcoururent la Province et finirent par convaincre les laïques de l’utilité de « faire quelque chose ».

Raymonde Dieudonne, Gilberte Ronveaux, René Dehan pour Andenne, Jacques Museux et Lucien Belvaux pour Philippeville, Paula Hautot pour Gembloux, Rose-Marie VanHoebroeck pour Ciney, se donnèrent à fond. La première fête laïque eut lieu en 1972 à la Maison de la Culture, réunissant tous les enfants de la Province. Julien Papa fut à la fois metteur en scène et interprète de a création théâtrale présentée.

Dès 1973, un comité des « Amis de la Morale Laïque » se mit en place : il fallait à tout prix obliger les namurois cléricaux à se rendre compte de la présence d’une minorité significative qui pensait autrement et qui voulait le faire savoir.

Plusieurs activités furent organisées pour récolter les fonds nécessaires à l’organisation annuelle de la fête : conférences – idéales également pour répandre nos idées – mais aussi bal populaire – au Novotel de Wépion.

Dès 1974, la fête, vu son succès, dut déménager au hall Octave Henry à Saint-Servais. Le spectacle fut grandiose grâce à Yvan Baudoin, spécialiste en la matière et Michel Beckman, ainsi que Loulou Matagne comme chef d’orchestre.

D’année en année, les fêtes se succédèrent.

Pour toucher un public plus large, la toute jeune régionale du Centre d’Action Laïque frappa un grand coup en organisant les « Etats Généraux de l’Action Laïque« , le 22 novembre 1980.

Dans le cadre du Palais des expositions, les laïques expliquèrent aux nombreux visiteurs leur façon de voir les choses, des conférences complétèrent l’information et la journée se termina par un tour de chant de Juliette Gréco qui permit sans doute de réunir un public plus nombreux encore.

En 1981, se créa le Mouvement des Enseignants de la Morale Laïque, regroupant les professeurs de morale pour examiner ensemble le cours de morale, ses objectifs, ses moyens… avant de se fondre, en 1982, avec le Librex-Laïcité-Jeunesse et le Cercle du Librex, dans le Centre du Libre Examen, qui organisa la totalité des activités laïques sur Namur, avec le CAL, jusqu’en 1989.

Puis tout se structura : des subsides furent alloués par les pouvoirs publics et la Ville de Namur facilita la création du Centre Pluraliste Namurois (dans l’ancienne Maison Communale de Saint-Servais), sous l’égide du CAL, de la Ligue des familles et des Equipes populaires.

Parallèlement, la Ligue de l’Enseignement, puis la Maison de la Laïcité purent engager des animatrices permanentes qui ont développé les activités des ateliers et associations.

1996 – La Ville et la Région Wallonne s’accordent pour acheter et rénover un bâtiment rue Lelièvre pour abriter la Maison de la Laïcité et ses multiples activités.

La Maison de la Laïcité de Namur a pour patronyme François Bovesse, pour des raisons évidentes : la figure de l’ancien Gouverneur est emblématique de la résistance aux idéologies antidémocratiques, de la défense de l’école publique et de l’opposition au cléricalisme.

La Maison de la Laïcité regroupe aujourd’hui les associations laïques « de terrain », qui y délèguent leurs représentants : ils y défendent les intérêts particuliers de leurs associations tout en travaillant ensemble à la réalisation d’objectifs communs au mouvement laïque (voir la page « partenaires).